[Récit] Wylvan, naissance d'un chaman

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Reevenn
1. Le 25/09/2010 à 13:17
Bonjour la communauté.

Il y a peu, j'ai eut le plaisir de voir un de mes textes terminer premier du concours de récit RP organisé par le podcast WoWTaku. Il m'a permi de décrocher la récompense tant convoité : une clé beta.

Je souhaite à présent faire découvrir ce texte (et pourquoi pas les autres) à plus de monde et pas seulement les habitués du podcast.

Ce petit récit, comme son titre l'indique, raconte comment mon tout premier personnage, Wylvan, troll de naissance, devint chaman. Mais trève de blabla, voici... bonne lecture.


WYLVAN, NAISSANCE D'UN CHAMAN

Cette terre, ocre et brûlante, Wylvan la foulait depuis sa naissance. Son enfance, passée au village de Sen'jin, n'avait pas été des plus heureuse. Chaque jour nouveaux avait été pour lui une épreuve ou un calvaire. Si le climat aride de la région et la perte de ses parents durant sa neuvième année, étaient déjà difficile à supporter, il lui fallait endurer jour après jour, année après année, les moqueries incessantes de ses propres congénères.

Wylvan était, pour son plus grand malheur, né avec une anomalie anatomique. Pourtant, bébé, il n'y paraissait rien. Un mignon petit troll disait on de lui. Mais avec le temps, elle devint de plus en plus évidente. A la différence de tout troll, lui n'avait pas de défenses. Les siennes n'avaient jamais poussées. Même les femmes de sa race avait les dents plus longue que lui.
Pour son peuple, les défenses sont le signe d'une grande force et ceux ayant les plus longues se sont souvent vue hériter le rang de chef de tribu. Lui qui n'en avait pas, était considéré comme un moins que rien, une honte à leur noble race.

A force d'être sans cesse rejeté, il avait perdu toute joie de vivre. Il aurait voulu partir, mais il n'en avait pas le courage. Il se disait que de toute façon, partout où il irait, on se moquerait de lui. Si il devait vivre dans la souffrance, autant que cela soit dans la vieille hutte que ses parents lui avaient légué. C'était d'ailleurs son seul refuge. Il y restait caché aussi longtemps que sa résistance à la faim le lui permettait.

Mais ce jour là, l'estomac tenaillé par les crampes, il se résigna à sortir pour chercher un peu de nourriture. Il aurait aimé avoir un peu de viande au menu, mais il ne savait pas chasser. Personne ne lui avait appris. D'ailleurs, tout ce qu'il savait faire, il l'avait appris par lui même où en copiant les autres.
Par chance, il savait quels fruits et racines étaient comestibles. Il connaissait comme sa poche les alentours du village et savait où trouver pitance à n'importe quelle saison. C'était bien maigre à chaque fois, mais cela lui suffisait. De toute façon, il ne voulait pas passer trop de temps parmi les trolls normaux. Il s'arrangeait pour sortir ou tôt le matin ou tard le soir. Il évitait cependant la nuit car les bêtes sauvages rodant autour du village étaient nombreuses. Il était faible et n'avait jamais appris à se défendre. Que cela soit physiquement où verbalement d'ailleurs.

Les villageois le savaient et ne se gênaient pas pour en profiter. De toute façon, même s'il avait tenté de se faire justice, il ne pouvait pas s'opposer au village tout entier. Parfois on l'avait battu et pourtant jamais il n'avait levé la main à son tour. Mais la pire des souffrance était de loin la souffrance morale.

Alors qu'il traversait le village pour retourner dans sa prison de hutte, quelques un de ses semblables commencèrent, comme chaque fois, à l'insulter. Il hâta sa marche, baissa la tête et courba le dos autant que possible. Mais cela n'eut pour seul effet que de recevoir de nouvelles moqueries.
Il faisait semblant de ne pas entendre. A force, il ne les écoutait plus. Savoir ce qu'étaient ses mots lancés contre lui, le faisait déjà souffrir bien assez. Mais cette phrase, jamais il ne l'avait entendu auparavant. Jamais aucun de ses congénères n'avaient osé franchir une telle limite. On venait de le traiter d'elfe de la nuit.

Pour tout troll, il n'existe pas de pire insulte. Etre comparé à l'immonde ennemi de son peuple lui fit l'effet d'une flèche reçue en plein cœur. Il s'arrêta de marcher, paralysé par la douleur qui serrait sa poitrine. Ses bras retombèrent, laissant choir dans la poussière sa maigre récolte. Ses yeux devinrent humide et des larmes commencèrent à ruisseler sur ses joues. Et pendant qu'il était là, pleurant toute sa peine, les rires et les moqueries ne cessaient de pleuvoir. Pour eux, c'était un amusement. Comment ? Se dit-il. Comment avaient ils pu aller si loin ? Lui qui faisait tout pour rester le plus discret possible, chaque fois on le prenait en ridicule. Aujourd'hui, la limite était franchie. Sa tristesse devint dégoût. Jamais il n'aurait pensé un jour ressentir cela pour son peuple. Même si il ne les aimaient pas pour ce qu'ils lui avaient fait endurer, ils étaient quand même sa seule famille.

Mais aujourd'hui, il n'en voulait plus. Leur présence à ses côtés était devenue un trop fort poison. Alors, il se mit à courir. Il voulait partir loin d'eux. Ne plus les entendre. Tant pis si la nuit allait bientôt tomber, il ne retournerait pas au village... Plus jamais !... Il se moquait bien de la mort maintenant. Après tout, elle serait plus douce que sa misérable vie.

Ce ne fut que lorsque la douleur sous ses pieds écorchés par les pierres coupantes devint insupportable, qu'il s'arrêta. Il ne savait pas combien de temps il avait couru comme ca. Il se retourna et constata qu'il ne voyait pas le village. Jamais il ne s'était aventuré si loin.
Sa colère et sa peine firent soudain place à la peur. Il réalisa qu'en fait il n'était pas encore prêt à quitter ce monde. Il voulait maintenant retourner dans sa hutte après tout ce qui venait de se passer. Il ne comprenait pas pourquoi il arrivait si facilement à pardonner. Peut être parce qu'après tout c'était ca, sa vie. Sa différence l'y avait condamné.

La nuit tomba. Plus vite qu'il ne l'aurait cru. Il ne voyait toujours pas les feux du village. Pourtant le ciel était clair et la Lune brillante. Mais il dut bien se résoudre à comprendre qu'il s'était perdu. Dans ce pays, les gens égarés ne vivaient pas longtemps. Il le savait et sa peur allait en grandissant. Marcher droit devant lui, sans savoir où il arriverait, était devenu le seul moyen pour lui de ne pas penser à ce qui pourrait lui arriver. S'arrêter était de toute façon bien trop dangereux. Il lui fallait trouver un abri.
Seulement, dans ce pays, chaque trou pouvait abriter une bête féroce. Chaque pierre cacher un danger mortel.

Mais la faune n'était pas le seul danger. Lorsqu'il senti le vent se lever, il comprit que celui qui allait peut être le dévorer, c'était le sable et la poussière ocre. Il hâta le pas, sans se douter qu'il allait à la rencontre d'une tempête. Bientôt, il fut enveloppé par un voile impénétrable.
Envahie par la peur d'une fin atroce, il préféra ne pas s'arrêter. Si il devait continuer à marcher toute la nuit à l'aveugle, alors il le ferait. Seulement, comme il le redoutait, son corps, lutant hardiment contre le vent hurlant et étouffant, fini par s'écrouler de fatigue. Ce corps qu'il détestait l'abandonnait lui aussi maintenant. Malgré sa volonté, il ne put résister longtemps au sommeil. Allongé quelque part au milieu du désert, il cru alors que son heure était venu. Dans ses rêves, il se vit mainte fois dévoré par une bête sauvage, incapable de lutter, ou enterré vivant sous le sable et la poussière.

Pourtant, lorsque la chaleur grimpante le tira de ses cauchemars, il réalisa avec bonheur qu'il était encore en vie. Pour la première fois il ressentait du plaisir à voir un nouveau jour se lever. Mais très vite, il se rappela qu'il pourrait bien être le dernier. Alors, avec moins de peine qu'il ne l'aurait cru, il se releva.

C'est alors qu'il comprit que la faiblesse de son corps la nuit passé lui avait en fait sauvé la vie. Derrière un buisson, droit devant lui, à quelques pas, un profond canyon aurait été son tombeau s'il avait continué d'avancer.
Il s'approcha du bord et comprit qu'il devait changer de direction. Mais par où devait il aller maintenant ? Longer le bord du précipice ne le conduirait nul part de toute évidence. Il décida de faire demi-tour. Peut être finirait-il par tomber sur son village où sur une piste y conduisant.

Il marcha, longtemps, droit devant., sans s'arrêter, avec l'espoir de gagner un endroit sûr avant la fin de la journée. Mais si la nuit est dangereuse. Le jour lui aussi a ses dangers. A commencer par le soleil brulant.

Wylvan, au moment le plus chaud de la journée, commença à ressentir les effets de la soif. Sa tête se mit à tourner et sa vue se brouilla peu à peu. Si il ne trouvait pas vite de l'eau, il ne verrait pas le jour suivant se lever. Rassemblant ses dernières forces, titubant et haletant, il continua d'avancer. Toujours droit devant.
L'eau rare restait introuvable et sa volonté de vivre diminuait à chaque pas de plus qu'il réussissait à faire. Tant pis, il n'en pouvait plus. Il abandonnait tout espoir et se laissait tomber face contre terre. Il n'avait plus la force de continuer. Il sentait déjà les oiseaux annonciateurs de la mort planer au dessus de lui.
Un bruit attira alors son attention. Il ouvrit les yeux et vit non loin de lui un grand serpent. Sifflant et ondulant entre les pierres, il venait vers lui. Sa taille gigantesque se révéla vraiment lorsque celui-ci se dressa. La bête semblait à la fois intriguée et fâchée de trouver ce troll sur son chemin. Wylvan, lui, pensa terrifié que le reptile allait l'engloutir et qu'il finirait digéré dans son ventre.

Il ne pouvait plus bouger, son corps le refusait. Quand le grand serpent s'enroula autour de lui, il pleura sa misérable vie. Aujourd'hui son destin prenait fin. Ne supportant pas l'idée de se sentir avalé, il s'évanouit.

Thyvene
2. Le 01/10/2010 à 14:02
*Sélectionné pour les Nouvelles de la Communauté du 1er octobre*